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Gouvernement

Hydrogène : le Gouvernement se mobilise

Nicolas Hulot a annoncé le lancement imminent de son plan hydrogène. Une bonne nouvelle pour le secteur, alors que plusieurs membres du Gouvernement et le Président de la République lui-même se montrent favorables à cette énergie.

« On ne peut plus sacrifier l’avenir au présent ! » a déclaré d’emblée Nicolas Hulot en prenant la parole, en préambule de la remise des trophées de la transition énergétique organisée par L’Usine Nouvelle, le 15 mai 2018. Le numéro 3 du Gouvernement, qui s’était fait discret ces dernières semaines, est revenu en pleine forme défendre une transition écologique transversale et accessible à tous. « J’ai une volonté, dans l’exercice de ma fonction, de réconcilier économie et écologie » a poursuivi Nicolas Hulot, en s’appuyant sur quelques chiffres éloquents : la transition écologique a créé plus de 10 millions d’emplois dans le monde, et d’ici 2030, elle devrait en créer 24 millions, selon l’Organisation internationale du Travail. Pour le ministre, « on ne pourra pas faire de profits sur une planète à bout de souffle ».

Concernant les énergies renouvelables, Nicolas Hulot a très rapidement annoncé le lancement de son plan hydrogène, pour le 1er juin ; et confirme que l’hydrogène « jouera un rôle important dans la transition, dans la mobilité mais aussi dans le stockage. Les acteurs économiques dans les territoires sont prêts pour changer d’échelle dans cette filière ». Le 26 mars, la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) et le Commissariat à l’Énergie atomique et aux Énergies alternatives (CEA) lui avaient remis, à sa demande, un rapport sur l’hydrogène. Il ne fait aucun doute que ce rapport fera date et aura des conséquences sur l’accélération du développement de la filière hydrogène qui s’articule avec un enjeu de taille : la décentralisation de l’énergie …dans un pays par nature colbertiste.

Sans évoquer le contenu de ce rapport, Nicolas Hulot a tout de même indiqué que le plan hydrogène sera piloté par l’une des actrices principales de ce secteur, Florence Lambert, dirigeante du CEA Liten, l’un des plus grands centres de recherche mondiaux sur les énergies renouvelables. Cette dernière est engagée depuis des années pour la promotion de l’hydrogène dans les territoires : depuis 2014, elle a coordonné les 34 plans de la Nouvelle France industrielle, et en janvier 2017, Nicolas Hulot et elle avaient été les parrains de l’Energy Observer, le premier navire à hydrogène du monde. En 2016, Florence Lambert affirmait : 
« à l’horizon 2022, nous souhaitons disposer en France de cent stations à hydrogène et mille véhicules, afin de pouvoir concurrencer l’Allemagne et le Japon ». Ce sera à elle de mettre en œuvre ces objectifs ambitieux ! Nicolas Hulot, qui souhaite opérer une forte décentralisation de l’hydrogène, a par ailleurs fait savoir que son action sera coordonnée avec celle d’autres ministres, tels que Elisabeth Borne, avec laquelle il travaille pour que les solutions vertes s’appliquent aux véhicules individuels, aux transports collectifs et aux poids lourds. La ministre du Transport avait soutenu le projet d’une mobilité verte, le vendredi 11 mai, à l’occasion de la visite officielle de son homologue allemand, Andreas Scheuer.

Les deux ministres des Transports se sont entretenus à propos des échéances européennes en termes de transport, et notamment du paquet mobilité 1 (routier), et de la coordination franco-allemande pour la conduite automatisée et connectée. Elisabeth Borne et Andreas Scheuer ont surtout rappelé l’importance d’une mobilité verte. À la question d’Hydrogenium, « Quelle sera la place de l’hydrogène dans la mobilité de nos deux pays ? », les deux ministres se sont montrés enthousiastes. 
« En Allemagne, nous estimons qu’il est nécessaire d’être ouverts à toutes ces technologies, car nous ignorons quelle sera la situation dans 30 ans, et il nous faut encourager les énergies innovantes » 
a affirmé Andreas Scheuer, tandis que la ministre française précisait : 
« Nous devons inciter le développement d’énergies alternatives, tout en envoyant de bons messages à nos industries, et nous avons tout intérêt à échanger régulièrement entre les États-membres pour avoir des stratégies de convergence et développer de nouveaux marchés ».

Les secrétaires d’États du ministère de la Transition écologique et solidaire ne sont pas en reste, puisque Nicolas Hulot a annoncé avoir missionné Sébastien Lecornu pour établir des contrats de transition écologique avec les centrales à charbon qui devraient fermer d’ici 2022. Ces contrats permettent d’associer les collectivités locales et les entreprises d’un territoire pour élaborer des projets durables et adaptés. Enfin, Emmanuel Macron lui-même a récemment accordé son soutien à la filière hydrogène, puisque le 22 mars, à l’occasion de la Conférence sur la finance durable organisée par la Commission européenne, le chef de l’État a annoncé : « Il s’agit de nous engager résolument dans une révolution des transports en généralisant les véhicules électriques et à hydrogène et en convertissant les flottes de poids lourds au gaz. C’est une stratégie nationale que nous avons engagée, elle doit aussi s’accélérer sur le plan européen ». Les pouvoirs publics semblent unanimes quant à la nécessité de se lancer dès maintenant dans une ambitieuse course à l’hydrogène.

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