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Saïd Ahamada : de l’hydrogène pour les bateaux marseillais

Pour le député Saïd Ahamada, élu sur la circonscription du Grand Port Maritime de Marseille, la pollution croissante des moteurs diesel des navires demande une action concertée des acteurs publics et privés afin de structurer à terme la filière hydrogène. Il a rédigé cette tribune pour Hydrogenium.

Selon France Nature Environnement, la pollution de l’air générée par le transport maritime est responsable de 60 000 morts par an en Europe. Émettant du CO2, des oxydes d’azote et de soufre ainsi que des particules fines, les gaz d’échappement issus du fioul lourd des navires – tankers, conteneurs, ferries, vraquiers et paquebots – sont extrêmement nocifs pour l’environnement et la santé publique.

Dans les ports à quai, les navires de croisières sont de véritables centrales thermiques flottantes. De toute évidence, les retombées économiques d’un apport de touristes ne peuvent être mises en balance avec le coût pour la santé de nos compatriotes.

Conscients de l’urgence d’agir, de nombreux acteurs du maritime, comme la CMA-CGM, la Compagnie du Ponant ou la Royal Caribbean Cruises, commencent à se tourner vers le gaz naturel liquéfié (GNL). Je me réjouis que le Premier ministre ait suivi plusieurs recommandations formulées dans mon rapport spécial pour soutenir la propulsion au GNL, lors de son discours aux Assises de la Mer au Havre, le 21 novembre 2017.

Ce que nous sommes en train de faire aujourd’hui pour la filière GNL, nous devons le penser pour l’hydrogène : cela fait longtemps que le grand public entend parler de la pile à combustible, véritable « serpent de mer ». Mais je tiens à saluer les projets pionniers comme Energy Observer, qui était à quai à Marseille du 2 au 10 décembre 2017, le chalutier démonstrateur FilHyPyne, ou encore le NaviBus de Nantes. La deuxième ville de France n’est pas en reste puisque le Ferry boat, immortalisé par Marcel Pagnol, qui a effectué sa première traversée du vieux port en 1880, est depuis 2010 tout électrique, alimenté par un système de piles à combustible à hydrogène.

Autre initiative prometteuse : la construction d’un paquebot à hydrogène, annoncée en octobre dernier par la compagnie norvégienne Viking Cruises. En tant que parlementaire, issu du monde de l’entrepreneuriat et des collectivités locales, j’estime que nous devons réduire le vide juridique de la navigation à l’hydrogène, mettre fin au dumping environnemental, inciter à la mise en place de ports pilotes au niveau européen, et étendre les zones d’émission contrôlée.

L’État doit être au rendez-vous et mener une politique de transition écologique ambitieuse, à travers un effort massif de recherche sur l’hydrogène en partenariat avec les professionnels, par exemple dans le cadre du Grand plan d’investissement. Notre responsabilité est également de créer un espace intégré et solidaire, avec les mêmes règles du jeu, afin de concilier économie et écologie comme l’a rappelé le Président de la République à la COP23. La concurrence sociale et environnementale n’a pas sa place en Europe.

L’innovation et la structuration des acteurs de la filière, accompagnée d’une coopération et d’une coordination internationales, rendront-elles possible l’amarrage d’un paquebot à hydrogène face au territoire Nord de Marseille ? Tel est le rêve dont je veux qu’il devienne, un jour, une réalité.

Saïd Ahamada est Député de la 7e circonscription des Bouches-du-Rhône, membre de la commission des Finances, rapporteur spécial aux Affaires maritimes pour le projet de loi de finances 2018

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