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Hervé Morin : « C’est toute une filière des EMR qui s’implante en Normandie »

Le patron de la région Normandie entend bien promouvoir toutes les énergies marines renouvelables, ainsi que l’hydrogène.

Le 21 juillet 2017, vous avez posé la première pierre de la construction de l’usine d’hydroliennes de Cherbourg. Qu’espérez-vous en termes d’emplois localisés et de retombées économiques ?

Hervé Morin : C’est toute une filière industrielle des EMR (éolien en mer et hydrolien) qui s’implante sur la Normandie, et qui va en dynamiser l’économie à travers le recours aux entreprises du territoire pour la sous-traitance. Au-delà des emplois directs, l’ambition est aussi de permettre aux entreprises normandes de la sous-traitance d’accéder aux marchés. D’ores et déjà, 650 entreprises se sont inscrites sur le réseau CCI Business EMR et 190 sont impliquées dans les processus de consultation ou sur le déploiement d’une stratégie destinée à intégrer la chaîne de valeur des EMR. Les efforts de mobilisation de la sous-traitance engagés depuis plusieurs années vont se poursuivre. De même, je souhaite que les Normands puissent bénéficier des opportunités liées au développement de cette filière EMR, c’est pourquoi la Région va élaborer un plan de formation dédié.

Plus généralement, quel est votre calendrier en matière d’énergies marines renouvelables ?

H. M. : L’année prochaine 2018 verra la mise en service des deux usines précitées, le lancement des chantiers de Siemens au Havre, des deux bases de maintenance des champs éoliens à Fécamp et Ouistreham ou encore le lancement par l’État de l’appel d’offres pour un champ hydrolien commercial. La fabrication des éléments d’éoliennes des champs de Courseulles-sur-Mer et Fécamp devrait débuter tout comme les travaux de la ferme pilote Normandie hydro et de l’assemblage des hydroliennes du Raz Blanchard. Enfin, la construction et la mise en service des trois champs éoliens de Courseulles-sur-Mer, Dieppe et Fécamp sont prévues à l’horizon 2019-2020.

Une usine d’hydrogène « vert » de 450 millions d’euros doit par ailleurs voir le jour à Port-Jérôme en 2020. Qu’est-ce qui a décidé la région à investir dans ce projet ?

H. M. : L’hydrogène apporte une solution globale pour répondre aux défis de la transition énergétique. Il représente en particulier une réponse aux enjeux d’indépendance et de sécurité énergétique mais aussi de lutte contre la pollution de l’air et le changement climatique. La flexibilité et la variété d’usage ainsi que l’abondance de ce vecteur énergétique sont des atouts essentiels pour réussir ce changement de paradigme. La Région tient une place de leader en France sur les aspects mobilité hydrogène grâce au programme EAS-HyMob engagé en 2016. De plus, le lancement de l’appel à projets national « Territoires Hydrogène » a abouti à la labellisation de plusieurs projets normands fin 2016. C’est dans ce contexte que la Région a engagé une démarche partenariale avec les acteurs du territoire pour établir une stratégie régionale visant à constituer une filière industrielle autour de l’hydrogène, de sa production au recyclage des piles à combustibles en passant par son utilisation sous différentes formes. Accompagner le projet de cette usine constitue donc une action forte pour parvenir à cet objectif.

Hervé Morin

 

Hervé Morin est Président du conseil régional de Normandie

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